6ème principe du earthship: production de nourriture

Le thème de l’autonomie alimentaire est actuellement à la mode. De plus en plus de gens, écoeurées par la déconnexion de nos modes de vie occidentaux avec les produits de la terre et par l’offre en légumes de plus en plus pauvres de nos supermarchés, recherchent à cultiver son petit carré de jardin et s’intéresse aux concepts de la permaculture. Je fais parti de ces gens-là et je pense que ce genre d’action représente l’avenir. Malgré tout, l’autonomie alimentaire est un sacré challenge (même à l’échelle communautaire) et rares sont ceux à être prêts a faire les sacrifices nécessaires et à posséder les connaissances techniques pour parvenir à cette autonomie. Il nous reste le choix de consommer local et intelligent, mais ceci est un autre débat que je ne veux pas aborder ici.

Le Earthship face à l’autonomie alimentaire

Quand on regarde les premiers reportages sur le sujet, on peut avoir l’impression que le Earthship est autonome jusqu’au bout et peut fournir des légumes, oeufs ou poissons à ses habitants. Il faut avouer que Michael Reynolds exagère les performances de son bâtiment dans ce domaine-là. M. Reynolds et son équipe sont des architectes précurseurs mais il existe d’autres personnes bien plus compétentes dans le domaine de l’agriculture. Lors de mon séjour à Taos, j’ai vu plus fréquemment des plantations permettant de maigres récoltes plutôt que la jungle abondante vantée dans les reportages.

Bien sûr, un facteur limitant est l’implication et les connaissances des habitants dans le jardinage. Tous ceux qui s’y sont essayés savent que faire pousser des légumes n’est pas une mince affaire et on ne s’invente pas jardinier en un claquement de doigt. L’autre problème est le climat très hostile du Nouveau Mexique. Forts vents, chaleurs extrêmes en été, froid glacial en hiver et sol très pauvre ne réunissent pas les conditions les plus favorables et peu de plantes survivent dans ce climat extrême. Il paraît bien utopique de jardiner à l’extérieur d’un Earthship sous le climat de Taos. Dans ces conditions, l’autonomie alimentaire est illusoire et les habitants de la communauté Earthship se fournissent en nourriture principalement dans les supermarchés du village de Taos à une vingtaine de minutes en voiture…

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Maigres plantations à l’extérieur du Earthship

Un design offrant des conditions favorables au jardinage

Malgré le constat que l’autonomie alimentaire est très loin d’être atteinte, le design du Earthship est bien pensé pour une production de nourriture. Dans la serre (ou zone tampon) située au sud du bâtiment, les conditions sont idéales pour les plantes: lumière en quantité, chaleur et apport constant d’eau et de nutriments par les eaux grises (voir article 5ème principe du Earthship). Les plantes ont un climat parfait pour s’épanouir. Dans les Eartships où la serre était bien entretenu, j’ai pu voir de très belles productions de nourriture. Grâce à ce design, la communauté Earthship arrive à faire pousser des fruits tropicaux en plein désert et sans utiliser d’énergie fossile! La performance est tout de même admirable !

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Tomates à côté du potager
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Bananes du désert
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Belle production de nourriture

La production de nourriture et l’architecture moderne

Malheureusement, dans l’architecture moderne, la production de nourriture est généralement ignorée dans le design d’un bâtiment. De grandes surfaces, comme par exemple les toits plats dans les villes, sont souvent inutilisées alors qu’elles pourraient offrir un espace pour des jardins potagers et la détente. Aujourd’hui, la nourriture est produite à des distances vertigineuses des consommateurs. Les humains se déconnectent de plus en plus de l’agriculture et de nombreuses personnes ne savent même plus d’où vient la nourriture et comment elle est produite.

Pourtant, l’agriculture et l’alimentation représentent un des défis majeurs du XXIème siècle. Une prise de conscience généralisée de ces enjeux me semble primordiale. Je pense que cette prise de conscience passe par un rapprochement entre humains et production de nourriture. Dans cette démarche, les bâtiments et l’aménagement alentour devraient offrir aux habitants la possibilité de cultiver. Du moins, la problématique de la production de nourriture devrait être prise en compte lors de chaque construction.

Même si le 6ème principe du Earthship n’est pas le plus abouti et l’autonomie alimentaire loin d’être atteinte, il a la mérite d’ouvrir le débat et de mettre le doigt sur un grave manque de l’architecture et de l’aménagement du territoire. L’enjeu est de reconnecter les humains avec la production de nourriture et dans ce contexte le Earthship offre une approche très intéressante. Il en existe d’autres, comme par exemple valoriser les toits plats des immeubles. J’espère surtout que le thême de la production de nourriture se sera plus ignorée longtemps et se retrouvera au coeur de l’aménagement des villes du futur.

Ce qu’il faut retenir:

  • Le Earthship offre des conditions idéales pour le jardinage sous serre. Ils arrivent même à produire des fruits tropicaux en plein désert.
  • La production de nourriture est généralement ignorée dans l’architecture moderne.
  • Les humains se déconnectent de plus en plus de la production de nourriture. Un rapprochement entre production de nourriture et humains est important.

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